Je suis tombé sur un projet qui m’a fait sourire : OccupySaaS.
Des développeurs utilisent l’IA pour reconstruire des alternatives ouvertes à de grands logiciels commerciaux, dont Salesforce et Auth0. Leurs projets sont encore expérimentaux. Mais l’idée est révélatrice : et si certaines fonctionnalités que l’on paie cher devenaient beaucoup plus faciles à reconstruire ?
Je m’appelle Dominic Gallant. J’ai travaillé pendant des années dans les opérations hôtelières avant de me lancer dans le conseil en transformation IA et le développement de produits. Je vois aujourd’hui à quel point le temps nécessaire pour prototyper une fonctionnalité a changé. Ça ne rend pas la sécurité, la maintenance ou la fiabilité gratuites. Ça change simplement la barrière à l’entrée.
Et je pense que la conséquence la plus intéressante n’est pas la fin du SaaS. Elle est ailleurs.
Trois changements qui se renforcent
1. Production : les logiciels deviennent plus substituables.
L’IA réduit certaines barrières au développement. Une entreprise pourra plus souvent choisir entre acheter, assembler et construire une capacité. Un logiciel qui ne se distingue que par quelques fonctionnalités génériques aura plus de difficulté à défendre son prix.
2. Consommation : les agents changent notre rapport aux interfaces.
Imagine un agent capable de retrouver un client dans le CRM, consulter ses échanges, préparer une proposition et soumettre les mises à jour à valider. Les logiciels sont toujours là, mais tu n’as pas besoin de tous les ouvrir. On achète moins seulement une interface; on cherche une capacité qui travaille.
3. Différenciation : le contexte et les apprentissages prennent de la valeur.
Deux entreprises peuvent utiliser les mêmes outils et les mêmes modèles d’IA sans obtenir les mêmes résultats. La différence, c’est ce que chacune sait de ses clients, de ses décisions, de ses exceptions et de ce qui a déjà fonctionné.
Ce que je vois en construisant Mosaïque
Quand j’ai travaillé avec des organisations touristiques, j’ai découvert un problème très concret : des milliers de photographies, mais beaucoup de temps perdu à retrouver la bonne image et les informations nécessaires pour l’utiliser.
C’est une des raisons pour lesquelles j’ai bâti Mosaïque, une médiathèque intelligente conçue notamment avec Tourisme Gaspésie, dans le cadre de Tourisme Intelligent, mon initiative dédiée aux destinations et aux hôtels.
Retrouver une photo, c’est déjà utile. Mais imagine la suite : savoir dans quelle campagne elle a été utilisée, pourquoi l’équipe l’avait choisie, quels résultats ont été observés et ce qu’on en a appris.
Cette couche d’apprentissage est une direction que je veux développer, pas une capacité que je prétends déjà avoir entièrement livrée.
Ce même problème existe partout. Dans un hôtel, les chiffres d’occupation sont dans le PMS, la performance publicitaire dans Meta Ads et les visites du site dans Google Analytics. Mais les raisons derrière les décisions sont souvent dans des réunions, des courriels ou la tête d’un gestionnaire.
On conserve les données. On perd parfois leur sens.
Si tu changeais tous tes logiciels demain…
Tu pourrais probablement exporter tes contacts, tes fichiers et tes transactions.
Mais pourrais-tu conserver les règles implicites de ton entreprise, les décisions importantes, les corrections apportées par tes équipes et les apprentissages de tes projets ?
C’est la distinction que je fais entre portabilité des données et continuité de l’intelligence.
La première permet de déplacer l’information. La deuxième permet de préserver et réutiliser ce qui lui donne du sens, avec les bonnes permissions et des connaissances tenues à jour.
Ton organisation devrait être capable de conserver et de développer son intelligence à travers tous ces changements.
Un hôtel devrait pouvoir changer de PMS sans oublier ses apprentissages commerciaux. Une équipe devrait pouvoir adopter un nouveau modèle d’IA sans repartir de zéro. Et le départ d’un employé ne devrait pas effacer tout ce qu’il a aidé l’organisation à comprendre.
C’est ce qui influence les systèmes que je construis et l’accompagnement que je propose avec Riyada, mon entreprise de stratégie et de transformation IA : connecter les outils, oui, mais surtout permettre aux connaissances validées de rester utiles d’un projet, d’un employé et d’une technologie à l’autre. Cela demande aussi une vraie gouvernance des données et des agents.
Je ne crois pas que le logiciel va disparaître. Je crois qu’il sera de plus en plus remplaçable.
Ma thèse : le logiciel devient plus substituable. L’intelligence d’une organisation, elle, devrait devenir cumulative.
Si tu remplaçais tous tes outils demain, qu’est-ce que ton entreprise aurait vraiment appris à conserver ?
Pour la perspective dirigeant, j’explore aussi comment préserver cette intelligence dans les transformations IA chez Riyada.