Une réponse obtenue en trente secondes peut encore demander vingt minutes de vérification. Pour savoir ce qui change, mesure le travail jusqu’au résultat accepté, y compris les essais qui finissent à la poubelle.
Ce guide t’aide à rédiger une conclusion honnête : gain observé, résultat insuffisant, nouvelle capacité ou données encore trop faibles. Prépare une tâche récurrente, quelques dossiers comparables et une personne capable de juger le résultat. Les chiffres qui suivent sont pédagogiques et fictifs.
1. Définis ce que tu comptes
Choisis une unité : une note de réunion validée, une fiche de recherche vérifiée ou un brouillon prêt à approuver. « Utiliser l’IA une heure » ne décrit aucun résultat.
Écris les critères avant l’essai. Pour une note de réunion : décisions fidèles aux notes, responsables et échéances seulement lorsqu’ils sont explicites, questions ouvertes visibles, aucune attribution inventée. Conserve le même niveau d’exigence pour la méthode habituelle et la méthode assistée.
Sépare trois mesures : temps humain actif, délai écoulé et qualité. Dix minutes d’attente pendant lesquelles tu travailles ailleurs comptent dans le délai, pas automatiquement dans le temps humain. Une surveillance qui mobilise ton attention compte, elle, comme du travail. Avec plusieurs personnes, additionne leurs minutes actives; ne les confonds pas avec la durée de l’horloge.
2. Établis une référence comparable
Observe ta méthode habituelle sur des dossiers de taille et de difficulté proches. Note le nombre de sources, les informations manquantes et les exceptions. Si tu n’as qu’une estimation de mémoire, écris « estimation » et garde la conclusion provisoire.
Refaire deux fois le même cas crée un effet d’apprentissage. Tu connais déjà la réponse au deuxième passage. Pour limiter ce problème, utilise des dossiers comparables et alterne l’ordre des méthodes quand c’est possible. N’affirme pas avoir isolé l’effet de l’IA si d’autres choses changent en même temps.
Conserve les refus dans le lot. Si une sortie échoue puis que tu recommences manuellement, le temps de l’essai et celui de la reprise font partie du coût réel du parcours assisté.
3. Tiens le journal sans cacher la reprise
Pour chaque cas, relève préparation des entrées, production ou surveillance active, vérification, correction et retour éventuel à la méthode habituelle. Le temps de correction inclut la nouvelle vérification qu’elle impose. Ne compte pas deux fois la même minute dans plusieurs colonnes.
Note à part la construction initiale : apprendre le processus, organiser les sources, préparer le modèle et former la personne qui l’utilise. L’entretien récurrent — mise à jour des documents, vérification des accès — appartient à la période mesurée.
Les dépenses monétaires restent dans une autre colonne, avec devise et période. Du temps libéré n’est pas automatiquement une économie de trésorerie. Un abonnement partagé doit avoir une règle d’attribution explicite avant d’être imputé à une seule tâche.
4. Lis un exemple rempli
Dans ce scénario fictif, trois types de dossiers sont traités avec les deux méthodes. Les colonnes assistées incluent les tentatives ratées et toute reprise nécessaire pour arriver au résultat final accepté. Ce tableau illustre le calcul, pas une performance mesurée.
| Cas | Référence habituelle | Préparer | Produire / surveiller | Vérifier | Corriger / reprendre | Total assisté |
|---|---|---|---|---|---|---|
| A — simple | 30 min | 5 | 3 | 7 | 3 | 18 min |
| B — ambigu | 35 min | 6 | 4 | 10 | 12 | 32 min |
| C — sortie refusée puis reprise | 25 min | 4 | 3 | 6 | 22 | 35 min |
| Total | 90 min | 15 | 10 | 23 | 37 | 85 min |
Le gain sur les dossiers est 90 − 85 = 5 minutes. Mais dix minutes d’entretien pendant la même période donnent 90 − (85 + 10) = −5 minutes. Dans ce petit lot, le parcours assisté demande donc cinq minutes de plus.
Une construction initiale de 120 minutes reste à documenter séparément. Le résultat récurrent étant négatif ici, aucun délai de récupération positif ne peut être calculé à partir de ce lot. Écarter le cas C ferait disparaître précisément ce qu’il faut comprendre.
5. Décide avec la qualité et l’incertitude
Regarde les cas individuellement avant de regarder une moyenne. Ici, l’assistance semble intéressante sur A, presque neutre sur B et coûteuse sur C. Une décision raisonnable serait de limiter le prochain essai aux dossiers simples, puis de vérifier cette hypothèse sur de nouveaux cas.
Tu peux définir un seuil de temps adapté à ton contexte, mais une erreur bloquante ne se compense pas avec des minutes gagnées. Si une attribution fausse peut partir chez un client, corrige ce risque avant d’élargir l’usage.
Trois cas servent à découvrir des problèmes; ils ne démontrent pas un taux de fiabilité. Indique la taille du lot, les types de dossiers absents, le mode de mesure et les versions utilisées. Un changement de sources, de consigne ou d’outil peut justifier un nouvel essai.
Si le résultat n’existait pas auparavant — par exemple une comparaison de documents que personne ne produisait — ne fabrique pas un temps de référence. Décris une nouvelle capacité, son coût, son utilité et ses limites. Si le gain porte sur la qualité, montre un critère mieux satisfait plutôt qu’une impression générale.
6. Emporte le journal
Télécharger le journal vierge · Télécharger l’exemple rempli et la fiche de décision
Le fichier CSV utilise le point-virgule; choisis ce séparateur à l’import si ton tableur affiche une seule colonne. Les cases de mesure sont volontairement vides. Une case inconnue n’est pas un zéro.
Ta conclusion doit pouvoir se lire sans la démo : « Sur ce lot, avec ces critères, voici le temps total, les refus et ce que nous changeons au prochain essai. » Pour construire les cas qui pourraient invalider ton intuition, utilise le guide de test d’un assistant.